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lundi 3 novembre 2008

40. Vierzig

De retour à Montréal après une semaine de chamboulage des plus extraordinaires (!!!), je me dois de revenir sur mon séjour de trois mois en Allemagne pour y faire le point.

Je dois admettre être un peu déçue d'avoir quitter l'Europe de façon si drastique, mais la force des choses ont fait en sorte que le choix ne s'est pas vraiment imposé à moi et que j'aie du plutôt suivre les humeurs de mon corps (extrêmement fatigué de tout ce barrouettage) et de mon porte-feuille maigre du salaire d'Aupair versé mensuellement!

Les trois seuls et grands regrets que j'éprouve vraiment en quittant l'Allemagne, sont ceux d'avoir quitter le pays sans avoir pu visiter Berlin, sans avoir eu la chance de participer à des cours d'allemands, qui auraient fortifiés ma connaissance de la langue et également d'avoir quitter des amis avec qui j'ai partagé des moments magnifiques dans un contexte spécial.

Cependant, je reviens à Montréal avec un bagage lourd d'expériences (de linges aussi...... mais ça, c'est une autre histoire...!) Vivre dans une famille et passer une majeure partie de mes journées avec un enfant d'un an et demi m'a permis de reconsidérer plusieurs aspects de la vie familiale et de l'éducation. Je jette maintenant sur les Mamans des regards différents et empreints de respect.

Être Aupair m'a aussi permise de comprendre la vraie signification du mot immigrant et de toute la chance qu'on a de pouvoir habiter dans un pays qui est le nôtre. Les difficultés auxquelles j'ai pu me heurter (la langue, les moeurs, la politesse) m'ont fait réaliser avec quelle aisance je peux me mouvoir à Montréal, dans mon pays, dans ma ville à moi alors qu'à l'étranger, les chaînes du doute nous lie et finissent parfois par nous étouffer et nous condamner à des journées de désenchantement total de l'étranger, qui, pourtant, la veille, nous fascinait.

J'ai pu ressentir à quelques reprises la haine que certaines personnes peuvent manifester pour les "étrangers", me sentir restreinte, encore une fois, par mon statut d'immigrante et me sentir brimer dans les droits sans comprendre la réelle différence entre l'Allemand et le Canadien et reconsidérer tous ces mots qui regroupent, parfois injustement, les gens dans des minorités qui, peut-être involontairement, les sous-qualifient d'humains d'une certaine manière.

D'un autre côté aussi, j'ai pu ressentir une certaine fierté et chaleur lorsque les gens, tous excités d'apprendre que j'étais Canadienne, me demandaient: "Comment c'est, le Canada?!" Être le médium entre deux mondes, parler des choses qui nous semblent ordinaires mais comprendre dans les yeux des gens de là-bas que le Canada, c'est aussi l'Amérique et que l'Amérique, c'est tout un autre monde, tout un rêve, presque inaccessible. D'une certaine façon, être un pont pour ces gens qui rêvent de l'étranger et se sentir très appréciée d'être ailleurs. Être presque heureuse d'avoir cet accent si fort, si "exotique", qui, aux yeux (ou plutôt oreilles!) de certaines personnes, rend si charmant!

Mais je comprends aussi que de choisir d'aller vivre à l'étranger, que ce soit en France ou en Chine, est aussi dur l'un que l'autre. La terre d'accueil, peu importe la largeur des bras avec laquelle elle nous dit: "Bienvenue", nous reçoit avec cette chère "taxe de bienvenue" qu'est la différence de culture. Et elle est d'autant plus grosse et imposante lorsqu'on a l'audace de croire que le pays d'accueil est similaire au nôtre, car on en revient toujours surpris -peut-être même plus qu'il ne le faut!- de se heurter à des choses simples qu'on croyait pareil mais qui sont pourtant totalement différentes.

Mais ce que j'ai appris aussi, et c'est bien là tout le côté tragique des voyages, c'est ces barrières humaines qui viennent s'imposer de tous les côtés: ces nouvelles connaissances à qui on doit obligatoirement dire un Adieu prématuré et ces gens de l'autre côté, qu'on connaît mais qui ne nous reconnaît plus à notre retour et malgré tous les moyens technologiques mis à notre disposition, il reste toujours un choix à faire lorsqu'on part pour plus d'un mois à l'étranger... il faut choisir de se concentrer sur le nouveau, accessible maintenant ou miser sur l'ancien, qui vit loin, et se débrouille sans nous.

Ça ne me plaît pas de finir sur une mauvaise note, car mon expérience d'Aupair aura tout de même été extraordinaire. Tous ces gens rencontrés, ces Allemands, ces Américains, ces Australiens et Suédois, ces Français et ces Anglais auront contribués à un changement considérable dans ma perception du monde et je n'ai que trop hâte de repartir en voyage pour rencontrer tous ces autres voyageurs du monde et vivre ces expériences uniques, de quelques jours, où le temps nous presse de sauter des étapes superficiels à toutes rencontres nouvelles normalement vécues. On brûle le rappel fixé à quelques jours et on se voit le soir même. On oublie l'inhibition des premières rencontres et on parle comme si on se connaissait depuis toujours. On presse le temps d'aller moins vite pour savourer plus longtemps ces moments étranges où une Américaine, une Suédoise, deux Anglais, une Australienne et une Canadienne française se retrouvent autour d'une table, dans un pub Irlandais en Allemagne pour parler un anglais toujours différent de ses voisins.

Ces moments sont magiques, car le monde semble soudain pourvoir tenir que dans la paume d'une main, car les différences et les conflits mondiaux semblent si simples à règler, car les différences de couleurs, d'accents, de religions sont ramenés à la même superficialité que celle de la couleur des cheveux et des yeux, de la grandeur et du poids d'une personne et vraiment, dans ce pub Irlandais à Hanovre, où un parle un anglais parfois boiteux, on se tient tous par la main, comme une banderole d'enfant et on fait le tour d'un monde sans billet d'avion et sans valise...!

Et sur ce, je vous souhaite un jour d'aller vivre ce genre d'expérience dans une ville inconnue avec des étrangers de partout du monde, que vous ne connaissez pas et de parler, comme si depuis toujours, vous vous connaissez. Je vous souhaite bon voyage, et...

...au prochain blogue!

jeudi 2 octobre 2008

35. Fünfunddreißig

La Maddalena est une commune de la province d'Olbia-Tempio en Sardaigne (Italie). (Oui, oui.. je sais, si vous allez sur Wikipédia, vous vous rendez compte que c'est du copier-coller, mais on n'est pas à l'école et puis... essayez donc de tourner ça d'une autre façon!)

Donc! La Maddalena, en Sardaigne, est composée de sept îles principales, donc La Maddalena, Caprera, S. Stefano, Spargi, Budelli, S. Maria et Razzoli et d'un paquet d'autres petites îles minuscules dont les 21 autres noms sont disponibles (ça vous intéressent vraiment?!) sur Wikipédia.

Une vue comme tant d'autres (hahaha!). Je crois que l'île qu'on voit est Caprera, mais pas sûre pentoute!


La Maddalena a une superficie de 4 937 Km² et une population d'exactement 11 478 habitants (Wikipédia, tu m'étonneras toujours..!).

Pour se rendre à l'île de la Maddalena en voiture, on doit prendre le traversier qui a réussit à trouver toutes les raisons du monde pour escroquer les gens en les faisant payer pour tout et pour rien: La voiture, le supplément de gaz pour la voiture, la place de la voiture, le nombre de passagers, le supplément de gaz pour chacun des passagers, l'entretien, la sécurité et l'espace pour les passagers ainsi que "l'utilisation" en tant que telle du traversier. Tout cela, en fait, pour éviter un trop grand nombre de touristes sur l'île, dont la population souhaite gardée le plus "intact", et ce, malgré la construction d'immenses hôtels de luxe...!

Bref! C'est l'Italie, il ne faut pas trop se poser de questions...

J'ai donc passé mon séjour dans une maison privée d'une valeur de 2 millions d'euros qui donnait sur une plage privée où la couleur de l'eau permettait un merveilleux contraste bleu-turquoise avec le vert d'une végétation italienne en pleine forme! Mais bon, ce ne sont que des détails qui ne vous intéressent pas... (!!!)

À part la plage et tout ce qui va autour (baignade, bronzage, plongée, bateaux, sports nautiques et autres...), on peut aller prendre un café ou un cocktail en ville et profiter des "Happy hours" où chaques bars (ici, on ne parle pas plus que de quatre bars!), se font le concours de faire les meilleurs hors-d'oeuvre les accompagnant! Car c'est la tradition en Italie d'accompagner les boissons alcoolisées de petits à-côtés... Ainsi, en commandant votre Sex on the beach, vous pouvez vous ramasser avec des peanuts salées et des chips assaissonnées bizarrement (ce qu'on a eu) ou alors des tomates balsamiques et fromage féta montés sur petit pain... genre!

L'entrée de la rue principale du "centre-ville" et le bar Charlie où j'ai eu mes peanuts -mais un vraiment bon cocktail maison!


Sinon, question shopping, vous pouvez vous taper des délires de boostages de cartes de crédit pour un collier en coquillage de 3400EUR ou - et ça été mon option- vous faufilez entre les rayons d'un minuscule Chinashop et faire l'aveugle à votre conscience qui vous ramène en tête les images de petits chinois en train de coudre cette "vraiment-franchement-très-jolie-robe" à neuf euros.

Vous avez aussi la chance de vous procurez quelques colliers, chapeaux ou paréos chez les marchands de rue africains qui s'intallent là où bon leur semble pour vendre leur stock. Cependant, les produits africains, je crois, ne sont pas plus "save" de conscience, leur provenance et fabrication étant parfois suspecte. Et les vendeurs ne s'en tiennent pas qu'à exploiter quelques pauvres artisants mais aussi les touristes, vendant un fil et sept perles de plastique pour 10EUR -mais laissez-moi rire!

Malgré tout, j'ai quand même fait la connaissance d'un certain "Ba" ou "Da", je me rappelle plus, ce marchand Malien (ou peut-être Sénégalais aussi, ça aussi, j'ai oublié...) très gentil (avec l'arrière-pensée de me séduire) qui m'a offert plusieurs colliers et bracelets gratuitement (mais s'accompagnant probablement d'une demande en mariage, comme ce fut le cas pour notre voisine qui s'est ramassée dans la même situation que moi!)

Et voilà. Je viens de résumer la vie et mon séjour en Maddalena.

Oh mais! J'ai oublié la passe des dauphins dans notre cours (la cours de la maison, il faut se le rappeler, avait une plage privée!) et de l'ami Willy aperçu loin, loin, loin (mais pas si loin que ça) sur une plage, un avant-midi chaud et ensoleillé. C'est des trucs très possible à voir, il paraît! C'est très excitant de voir ça les deux pieds sur terre, mais ça vous donne la chienne ensuite d'aller dans l'eau et de tomber sur un requin ou un otarie.. parce que pour eux, on est du manger, hein!

Notre cours où les dauphins ont fait promenade! Vue de la chambre du haut de la maison à 2 000 000EUR!

lundi 1 septembre 2008

29. Neunundzwanzig

Le principe des lignes d'attente en Allemagne.

Mordre.
Montrer les dents.
Dépasser.
Pousser.
Agresser.
Insulter.

Tout ce qu'il y a de plus courtois, quoi!

mardi 19 août 2008

25. Fünfundzwanzig

Le vrai sens de: Priorité piéton

Au Québec, le code de la route est régi par le principe suivant: "Priorité piéton". Cependant, entre la théorie et la pratique, il y a une marge assez... importante. Devenu monstre derrière leur Hummer, les Québécois (de Montréal?!) montrent les dents, écument et menacent des yeux les piétons qui osent mettre le pied dans la rue avant qu'ils ne soient passé. Plus souvent qu'à son tour donc, le piéton se retrouve coincé sur le trottoir, à attendre la lumière du symbole piéton qui ne vient jamais.

C'est dans cette état d'esprit -les voitures sont des monstres impatients avec qui on risque la mort- que je suis venue en Allemagne. Mais le principe "Priorité piéton" est aussi en fonction ici. J'ai beau me dire que leur Smart ne ferait pas de mal à Bambi, qu'ils ne roulent qu'à 25Km/h et qu'ils ont quinze fois le temps d'arrêter d'ici la traverse piétonnière, je n'arrive toujours pas à y mettre le pied.

Et lorsque les voitures arrêtent pour me laisser passer, alors que j'ai visiblement arrêté ma marche pour leur céder le passage, c'est une course contre la montre: pas plus de trois secondes sinon, tant pis, de la bouillie de Marilyne sur le pavé de l'Allemagne. Mais finalement, rien, qu'un signe de la main de la part de l'automobiliste en signe de gratitude pour m'être dépêcher et un air d'incompréhension dans mon visage... même chose... à chaque fois.

Traumatisme montréalais, j'imagine...

mardi 5 août 2008

16. Sechzehn

Depuis quelques temps, une tension alimentée par plusieurs sources grandissait en moi.

Je voyais apparaître à fréquence régulière dans mon porte-feuille des billets de 50EUR (chanceuse, hein?!) sans les voir disparaître... Ce n'est pas que le mot économie ne fasse pas parti de mon vocabulaire, mais c'est que j'ai une tendance à être effrayée de voir tant d'argent s'accumuler dans mon porte-feuille.... (Mettons..!)

Ensuite, bien que j'ai dû payé un gros 100$ de surplus de poids pour mes bagages (presque exclusivement remplies de linges et souliers....!), j'avais l'impression de "tourner en rond" dans mon garde-robe...

C'était donc une occasion rêvée de faire une pierre-deux coups: magasiner et dépenser! Vivement l'efficacité!

Mais l'Allemagne n'a pas un rayonnement mondial pour la mode... On ne mettra jamais à égalité Berlin avec Paris... Et encore moins Hanovre avec Londres... T'sé veux-dire..!

Ça m'a donc pris un peu plus longtemps que prévu pour trouver un magasin de linge dans mon style. J'ai rapidement fait le tour, agrippant au passage, robes et chandails, Jeans et T-Shirt et... miracle: je me suis rendue à la cabine d'essayage sans tendinite; avec seulement deux robes, deux chandails et une paire de Jeans.

Mais une fois rendue aux cabines, surprise! Pas de lockers. Je resors aussi rapidement que je suis entrée et me dirige vers d'autres cabines (c'est à ces moments-là que j'aimerais avoir le mot "touriste" écrit juste au-dessus de ma tête pour expliquer mon comportement... un peu étrange!)

Au deuxième cabines d'essayage, même chose... Aucune serrure! D'accord... Les Allemands sont une gang de tous nus qui aiment se montrer ou quoi?!

Riiiiiiiilaxe!

Ça fait trois semaines que je suis en Allemagne et j'ai encore jamais vu d'Allemand tout nu... ça devrait être un bon signe! Et pis... avec les soldes que j'ai sous le bras, ça vaut la peine d'aller essayer les trouvailles..!

C'est donc avec une certaine crainte que je me dirige vers les cabines du fond, celles où peu de personne passe -au cas où..! Après avoir pris des précautions (avoir fait dépasser volontairement mon pantalon en dehors de la cabine!), j'achète une robe (29EUR -ouch!) et un chandail long (19EUR -arrrgg!)

Je passe à la caisse et j'entends un "Neuneuneueun" (charabia auditif habituel encore indéchiffrable...!), je cherche l'écran et vois un magnifique 19EUR! Ma robe est en spécial par dessus quatre ou cinq autres spéciaux!

C'est d'accord, si les magasins économisent sur les lockers pour nous faire économiser, moi j'adopte le principe!

mercredi 30 juillet 2008

14. Vierzehn

Choc culturel: Les factures de cellulaire

Recevoir ma facture de cellulaire à Montréal était pour moi un moment d'extrême angoisse, jamais agréable. Bien sûr, recevoir des factures n'est pour personne une partie de plaisir, sauf que moi... j'étais avec Bell.

Je ne sais pas si c'est de la malchance, des mauvais tours du hasard ou de la persécution, mais je ne me rappelle jamais avoir reçu une facture de Bell sans m'être poser de questions, d'avoir eu envie de les appeler et/ou d'avoir bucher un gros 20 minutes à déchiffrer la dite facture.

C'est qu'avec Bell -vous le savez peut-être!-, vous avez vos frais de base, genre 25$, plus frais de 911, frais de 411, frais de réseau et service qui remontent à environ 10$. Ensuite, dans mon cas, j'avais un truc d'Amusement20 à 20$ pour ma boîte vocale, messages textes illimités et autres... mais j'avais également une autre ligne qui s'ajoutait et qui ressemblait à être des frais d'utilisation pour avoir dépasser le nombre de messages textes (supposément illimités...!) ou avoir utiliser Internet (alors que je sais même pas comment y accéder...!). Venait par la suite la ligne des interurbains et une autre encore pour les "doubles-interurbains"...

Ce qui fait qu'avec tout ce charabia, mon forfait de 25$ de base me coûtait entre... 75$ et 250$ par mois...



Pouvez-vous donc comprendre le choc que j'ai eu quand j'ai eu ma première facture de cellulaire à.... 4,04EUR? Et que la seule difficulté rencontrée lors de ma lecture était... la langue allemand?! J'en reviens pas encore..!

dimanche 27 juillet 2008

13. Dreizehn

En fin de semaine, je suis allée dans le petit village de Wiesenburg, surtout connu pour son château (schloss Wiessenburg) située dans l'Est de l'Allemagne. Magnifique fin de semaine où les traditions allemandes se sont succédés l'une après l'autre. Nous y sommes allés pour fêter l'anniversaire d'un ami de ma mère d'accueil.

La seule voiture disponible pour les habitants de l'Est


Nous sommes arrivés en début de soirée. Il y avait déjà quelques invités d'arriver et après avoir été porter nous valises dans nos appartements, (appartements qui donnaient sur le parc du château!), nous sommes redescendus pour manger du chili et boire de la bière.

La fatigue m'a prise vers 23h20 et lorsque j'ai voulu quitter, comme un mouvement de panique a envahi la foule. C'est que, lorsqu'on célèbre l'anniversaire de quelqu'un, il est de tradition de rester éveiller jusqu'à minuit. Pour me "maintenir éveiller", on m'a refilé un troisième verre de bière. Quarante minutes plus tard, un verre de champagne se trouvait dans mes mains alors que l'alcool et la fatigue avait presque raison de moi...!

Le lendemain matin, ma famille et moi avons décidé d'aller visiter le village de Martin Luther (1483-1546), soit Wittenberg.

Après avoir marcher un peu dans les rues, nous avons visité l'église où Luther a afficher ses 95 thèses en 31 octobre 1517 à la suite des abus de l'Église pour les Indulgences. Ces Indulgences fut un moyen pour l'Église de régler un "problème d'argent", car celles-ci étaient une façon pour les habitants d'acheter leurs pêchés.

Nous nous sommes par la suite arrêtés sur la place publique pour déjeuner et nous avons assistés à deux mariages. Comme les deux couples de mariés sont entrés dans l'hôtel de ville, j'ai demandé à ma mère d'accueil si c'était une mode ou une façon courante de se marier au civil plutôt qu'à l'église. Elle m'a répondu qu'en Allemagne, il était obligatoire de se marier à l'hôtel de ville et qu'à cause de cela, les gens célébraient normalement leur mariage deux fois (une fois à l'Église, une autre à l'hôtel de ville).

Place publique de Wittenberg (moi, j'ai mangé là où y'a les parasols oranges! Et l'hôtel de ville (qu'on voit pas) est l'immeuble à gauche complètement, le blanc!)


Lorsque le premier couple est ressorti, j'ai pu voir une autre tradition allemande. Il s'agit de découper un coeur déjà tracé dans un drap avec l'aide de petit ciseau...! Allez savoir d'où ça vient!

Nous sommes arrivés en début d'après-midi au château. Après une petite sieste (on dort tellement peu avec des enfants..!), nous sommes redescendus dans le jardin pour prendre le "kaffee kuchen", sorte de collation vers 15-16 heures de l'après-midi constituée de gâteaux que l'on prend (bien sûr) avec du café. Puis en soirée, nous avons pu mangé un vrai méchoui; un agneau (qui m'a d'abord levé le coeur en le voyant!) cuit sur des braises d'un feu de bois. C'est franchement meilleur que ça en a d'abord l'air!

Après ma sieste, j'avais passé l'après midi à marcher dans le parc où j'ai rencontré une fille avec qui j'ai discuté un peu. Après un moment, je l'ai complimenté sur sa robe, car elle était vraiment belle et elle semblait être fait de façon artisanale (en fait, c'est un morceau de tissus attaché au cou..!).

Le parc tel que vu de notre balcon

Quelques minutes plus tard, on arrive près d'un lac et celle-ci me fait état de ses envies. Si je comprenais bien, elle désirait se faire bronzer nue dans le champ et aller nager dans un lac du parc. Soudain, des doutes sur son orientation sexuel me viennent à l'esprit et un désir pressant de rentrer au château s'en suit. Tant bien que mal, je réussis à la convaincre que je n'en ai pas du tout l'envie et on continue notre chemin. Dès mon arrivée au château (saine et sauve!), je tente de rejoindre ma mère d'accueil qui était justement en train de parler avec des Françaises (ça fait toujours du bien de rencontrer des gens qui parlent français!)

Le lendemain, avant d'aller déjeuner, je fais part de mon "étrange" rencontre dans les jardins du Schloss Wiesenburg. Elle me dit alors qu'ici en Allemagne, c'est chose commune que de se faire bronzer nu ou de se promener nu (à la maison, bien sûr!). Elle raconte même que les saunas sont mixes et qu'il est obligatoire de se mettre nu! (Hum! Pas de sauna cette année, j'ai l'impression!)

Un déjeuner typiquement allemand nous attendait: pains, Brotchen et saucisses! Je me suis contenter de manger les céréales préalablement acheter à l'épicerie la veille avec ma mère d'accueil, chose qui a -selon ses dires- choqués les allemands autant que si quelqu'un déjeunait avec un T-bone... Enfin! Différentes moeurs, quoi!

Une fin de semaine dans un esprit très allemand, mais très agréable tout de même!

dimanche 13 juillet 2008

5. Fünf

Le trajet (long d'une vingtaine d'heures..!) d'avion c'est effectué dans différentes -et controversées- émotions; du regret à l'excitation, de la fatigue à la frustration d'avoir les jambes coincées derrière un siège d'avion trop proche et de la peine d'avoir quitter Montréal et tout ce que cela comprend à la hâte de quitter l'avion... tout y est passé!

Cependant, quand le pilote de l'avion annonce à l'intercom qu'il ne restait plus que 20 minutes avant l'arrivée, le summum de la joie m'a envahi.... jusqu'à l'atterrissage où une peur soudaine -celle où on se dit: cette fois-ci, c'est vrai!- m'empêche de me lever de mon siège. Mais j'étais loin d'être au bout de mes peines.

L'aéroport, petit, petit, petit, était situé au milieu d'un village, petit, petit, petit aussi... sans building et sans véritable attraction visible... Mais où étais-je?? Hanovre, une ville?? "Nein!! Das ist ein klein Dorf!" Oui... un petit village! à peine 1 100 000 d'habitant avec... l'agglomération. Ce qui ne fait même pas le nombre d'habitants à Montréal. Et directement à Hanovre? Un peu plus de 500 000 habitants... Trois fois moins qu'à Montréal!!!

J'arrive à la douane dans cet état d'esprit, mi-paniquée, mi-fatiguée et mi-quelque chose d'autre... Le douanier me demande ce qu'une fille comme moi (avec le visage terrorisé de ce qui l'entoure -c'est à dire, rien!) fait ici à Hanovre.

Je sors du grenier un anglais plus que boiteux (na mais... c'est toujours quand il faut pas que ça bloque que l'anglais coince!) et j'essaie d'expliquer au douanier que je suis ici jusqu'au moins d'octobre (gna...!) et que je vais dans une famille...

- Where are you going to stay?
- On Vereinstr street...
- Vereinstr street??
- Something similiar to that.... I have the adress on my bag.
- Hum...

Le douanier, pas plus que moi d'ailleurs, ne comprends absolument rien de ce que je tente de raconter. Lui et son ami douanier se consulte en allemand, semble s'interroger puis décide de m'escorter jusqu'à ma famille. Das ist ein shön Empfang!! Sehr gut! Sehr gut!

Après un charabia inquiétant (de mon point de vue) entre ma mère d'accueil et le douanier, on me redonne mon passeport et tout rentre dans l'ordre!

- This is not Vereinstr Street... Das ist "fer-einestr" Straße!
- Ha... Fer-einstr... a bit different of Vereinstr..!
- Héhé! Ja! A bit different..!!

Me voilà bel et bien en Europe, en Allemagne! Après une dizaine de minutes en voiture, nous voilà au centre-ville (hein?!) et également, dans mon nouveau chez-moi. Little bit empty! Where is everybody? Ha! c'est vrai... 500 000 habitants!

Aussi, à moins de 5 minutes de marche, on a deux marchés, un dépanneur et la rue principale où l'on peut trouver de tout. Géniale! Et après? On va pas plus loin? "Nein! Das ist gut, hein?" Ha oui... gut, gut en masse... assez différent de mes parcours d'autobus de 30-45 minutes...! Mais bon! Vivons l'expérience à fond et réduisons notre territoire à... 5 kilomètres carrée! Et pourquoi pas d'ailleurs?!

Première journée un peu terrifiante donc... Beaucoup de changements, beaucoup d'attentes insatisfaites, mais tout de même, des belles surprises, un nouveau mode de vie à découvrir et plusieurs expériences nouvelles et agréables!