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lundi 3 novembre 2008

40. Vierzig

De retour à Montréal après une semaine de chamboulage des plus extraordinaires (!!!), je me dois de revenir sur mon séjour de trois mois en Allemagne pour y faire le point.

Je dois admettre être un peu déçue d'avoir quitter l'Europe de façon si drastique, mais la force des choses ont fait en sorte que le choix ne s'est pas vraiment imposé à moi et que j'aie du plutôt suivre les humeurs de mon corps (extrêmement fatigué de tout ce barrouettage) et de mon porte-feuille maigre du salaire d'Aupair versé mensuellement!

Les trois seuls et grands regrets que j'éprouve vraiment en quittant l'Allemagne, sont ceux d'avoir quitter le pays sans avoir pu visiter Berlin, sans avoir eu la chance de participer à des cours d'allemands, qui auraient fortifiés ma connaissance de la langue et également d'avoir quitter des amis avec qui j'ai partagé des moments magnifiques dans un contexte spécial.

Cependant, je reviens à Montréal avec un bagage lourd d'expériences (de linges aussi...... mais ça, c'est une autre histoire...!) Vivre dans une famille et passer une majeure partie de mes journées avec un enfant d'un an et demi m'a permis de reconsidérer plusieurs aspects de la vie familiale et de l'éducation. Je jette maintenant sur les Mamans des regards différents et empreints de respect.

Être Aupair m'a aussi permise de comprendre la vraie signification du mot immigrant et de toute la chance qu'on a de pouvoir habiter dans un pays qui est le nôtre. Les difficultés auxquelles j'ai pu me heurter (la langue, les moeurs, la politesse) m'ont fait réaliser avec quelle aisance je peux me mouvoir à Montréal, dans mon pays, dans ma ville à moi alors qu'à l'étranger, les chaînes du doute nous lie et finissent parfois par nous étouffer et nous condamner à des journées de désenchantement total de l'étranger, qui, pourtant, la veille, nous fascinait.

J'ai pu ressentir à quelques reprises la haine que certaines personnes peuvent manifester pour les "étrangers", me sentir restreinte, encore une fois, par mon statut d'immigrante et me sentir brimer dans les droits sans comprendre la réelle différence entre l'Allemand et le Canadien et reconsidérer tous ces mots qui regroupent, parfois injustement, les gens dans des minorités qui, peut-être involontairement, les sous-qualifient d'humains d'une certaine manière.

D'un autre côté aussi, j'ai pu ressentir une certaine fierté et chaleur lorsque les gens, tous excités d'apprendre que j'étais Canadienne, me demandaient: "Comment c'est, le Canada?!" Être le médium entre deux mondes, parler des choses qui nous semblent ordinaires mais comprendre dans les yeux des gens de là-bas que le Canada, c'est aussi l'Amérique et que l'Amérique, c'est tout un autre monde, tout un rêve, presque inaccessible. D'une certaine façon, être un pont pour ces gens qui rêvent de l'étranger et se sentir très appréciée d'être ailleurs. Être presque heureuse d'avoir cet accent si fort, si "exotique", qui, aux yeux (ou plutôt oreilles!) de certaines personnes, rend si charmant!

Mais je comprends aussi que de choisir d'aller vivre à l'étranger, que ce soit en France ou en Chine, est aussi dur l'un que l'autre. La terre d'accueil, peu importe la largeur des bras avec laquelle elle nous dit: "Bienvenue", nous reçoit avec cette chère "taxe de bienvenue" qu'est la différence de culture. Et elle est d'autant plus grosse et imposante lorsqu'on a l'audace de croire que le pays d'accueil est similaire au nôtre, car on en revient toujours surpris -peut-être même plus qu'il ne le faut!- de se heurter à des choses simples qu'on croyait pareil mais qui sont pourtant totalement différentes.

Mais ce que j'ai appris aussi, et c'est bien là tout le côté tragique des voyages, c'est ces barrières humaines qui viennent s'imposer de tous les côtés: ces nouvelles connaissances à qui on doit obligatoirement dire un Adieu prématuré et ces gens de l'autre côté, qu'on connaît mais qui ne nous reconnaît plus à notre retour et malgré tous les moyens technologiques mis à notre disposition, il reste toujours un choix à faire lorsqu'on part pour plus d'un mois à l'étranger... il faut choisir de se concentrer sur le nouveau, accessible maintenant ou miser sur l'ancien, qui vit loin, et se débrouille sans nous.

Ça ne me plaît pas de finir sur une mauvaise note, car mon expérience d'Aupair aura tout de même été extraordinaire. Tous ces gens rencontrés, ces Allemands, ces Américains, ces Australiens et Suédois, ces Français et ces Anglais auront contribués à un changement considérable dans ma perception du monde et je n'ai que trop hâte de repartir en voyage pour rencontrer tous ces autres voyageurs du monde et vivre ces expériences uniques, de quelques jours, où le temps nous presse de sauter des étapes superficiels à toutes rencontres nouvelles normalement vécues. On brûle le rappel fixé à quelques jours et on se voit le soir même. On oublie l'inhibition des premières rencontres et on parle comme si on se connaissait depuis toujours. On presse le temps d'aller moins vite pour savourer plus longtemps ces moments étranges où une Américaine, une Suédoise, deux Anglais, une Australienne et une Canadienne française se retrouvent autour d'une table, dans un pub Irlandais en Allemagne pour parler un anglais toujours différent de ses voisins.

Ces moments sont magiques, car le monde semble soudain pourvoir tenir que dans la paume d'une main, car les différences et les conflits mondiaux semblent si simples à règler, car les différences de couleurs, d'accents, de religions sont ramenés à la même superficialité que celle de la couleur des cheveux et des yeux, de la grandeur et du poids d'une personne et vraiment, dans ce pub Irlandais à Hanovre, où un parle un anglais parfois boiteux, on se tient tous par la main, comme une banderole d'enfant et on fait le tour d'un monde sans billet d'avion et sans valise...!

Et sur ce, je vous souhaite un jour d'aller vivre ce genre d'expérience dans une ville inconnue avec des étrangers de partout du monde, que vous ne connaissez pas et de parler, comme si depuis toujours, vous vous connaissez. Je vous souhaite bon voyage, et...

...au prochain blogue!

mercredi 8 octobre 2008

38. Achtunddreißig

Hanovre a beau être la plus grande ville de la Basse-Saxe, elle reste tout de même une petite ville avec un peu plus de 515 000 habitants. Les employés à la poste sont donc les mêmes, comme ceux du super marché, ou du café, ou de la boulangerie et ont tous le même horaire depuis la nuit des temps (genre...)

Ce qui fait que depuis mon arrivée ici, j'ai pu rencontré et sympathisé avec plusieurs employés des endroits où j'ai l'habitude d'aller. Y'a donc cette femme, à la poste, que je saluais toujours et à qui je demandais comment ça allait... mais mon "Wie geht's?" restait sans réponse.

"Wie geht's?" Peut-être que c'est juste trop familier. Elle reste une petite madame toujours bien coiffée avec les lèvres pincées... ça doit la froissée! Pourtant, elle continuait toujours à me parler, à me demander comment allait mon allemand, à me demander de lui dire lorsque j'enverrais des trucs à ma mère, pour mettre un joli timbre... Alors pourquoi ce snobisme du "what's up?" allemand?!

Mais en cherchant dans ma tête, le "Wie geht's?" restait la seule question possible à poser pour "Ça va?"... j'ai donc continué à demander à l'employer du café où je vais "Wie geht's?" mais lui non plus, jamais de réponse. J'ai mis ça plusieurs fois sur la sourdité, le bruit environnant, la concentration, mais parfois, je trouvais que ça exagérait. Mais il restait quand même très sympathique avec moi et Lara.

Puis y'avait aussi les employés du marché, tous très gentils et attentionnés qui me regardaient avec des gros sourires quand je leur demandais "Wie geht's?" Un gros sourire, c'est déjà mieux, mais jamais de réponse...

J'aurais probablement continué à demander "Wie geht's?" à tous les allemands que je rencontre fréquemment au marché, à la poste ou ailleurs, mais il est arrivé que hier, alors que j'allais acheté des bananes avec mon amie, j'ai finalement pu avoir une explication à ce comportement un peu étrange.

Nous étions donc deux filles avec nos carrosses pour bébé, et nous parlions et riions beaucoup. Je ne portais pas beaucoup attention à ce que je faisais et donc, je passe à la caisse avec mes bananes sans les avoir peser (ici, c'est pas des machines automatiques qui pèsent le poids.. faut le faire nous même...!) Évidemment, c'est à ce moment que le rush de caisse arrive et JE suis la raison du pourquoi y'a une file... légèrement embarrassant!

Mais après avoir peser mes bananes, je reviens à la caisse et demande au garçon, super gentil, "Wie geht's?!" Celui-ci me regarde avec un étonnement aussi gros que si j'aurais éclaté devant lui. À côté de moi, mon amie est littéralement morte de rire.

"Wie geht's?" C'est pas la fin du monde pour prononcer. "Vi gète-s", point final. J'ai peut-être un accent, mais de la à faire éclater de rire la file de la caisse au complet... quand même...!

Je demande des explications, mais mon amie me pousse à l'extérieure pour m'expliquer la situation en anglais:
- Haha! En Allemagne, on demande pas aux gens "Wie geht's?!" C'est impersonnel! Si tu veux rendre les Allemands mal à l'aise, c'est la meilleure façon de faire!

Hé ben! Impersonnel et superficiel, m'a par la suite dit ma mère d'accueil! Des débats télévisés se font même sur la question! Superficialité ou façon d'introduire le sujet? Impersonnel ou au contraire, façon de reconnaître l'humain derrière l'employé?

Il faut avoué que nos réponses à nos "Ça va?" ne sont parfois pas toujours des plus sincères et affirmé à un client qu'on a le moral à terre ou parlé de ses problèmes à un employé n'est pas une chose des plus communes et agréables. La politesse, l'éthique et/ou le savoir-vivre préfèrerait qu'on mente plutôt que de mentionner le vrai état de notre moral ou alors, d'en dire un peu, sur un ton de légèreté, en utilisant l'humour, par exemple.

Par contre, malgré le "je-m'en-foutisme" de la réponse, il reste qu'il est toujours agréable de se faire demander comment ça va. C'est une façon de dire qu'on est ouvert à la discussion, aussi superficielle qu'elle peut être, qu'on est capable d'échanger un peu, de façon sympathique, un instant, juste pour rendre le moment plus agréable, plus humain, moins automate.

Il faut remarqué que malgré que le "Wie geht's?"/ "Comment ça va?" ne s'applique pas ici, je ne me suis jamais sentie mélancolique de cette question et que j'ai toujours été capable de discuter avec ces gens que je rencontre une fois de temps en temps, au marché, au café ou à la poste!

Une vision des choses différentes, qui encore, fait réfléchir sur notre comportement si ancré dans notre quotidien qu'on en oublie les détails!

vendredi 3 octobre 2008

36. Sechunddreißig

Des amis, par Facebook

Facebook était pour moi, un phénomène parasitaire que je souhaitais être une mode de passage... Finalement, ça l'a tenu et ça m'a gobé aussi, il semble. Sans trop savoir ce que je faisais sur ce site, j'ai commencé à chercher mes amis et à découvrir les multiples fonctions (souvent inutiles!) et outils de Facebook...

Mais ce Facebook se disait être "une plateforme de rencontre" ou un truc du genre... Mais bon... rencontrer des gens par Internet?! Oui, oui! Bien sûr...!

Sauf que, depuis mon arrivée en Allemagne, il se trouve que Facebook est véritablement d'une aide pratique. En plus de partager mes photos de mes soirées et de garder contact avec des filles que j'ai rencontré lors d'une soirée, je me suis inscrite à plusieurs groupes, tels que "Hanover" ou "Aupair in Germany"... Cela fait en sorte de véritablement favorisé mes rencontres!

Ainsi, aujourd'hui, je suis allée marcher dans la Vieille-ville avec ce français! Rencontre très concluante et plaisante! Rencontrer des gens avec Facebook? Oh! Oui, oui!! Certain!

jeudi 2 octobre 2008

34. Vierunddreißig

De retour de vacances, je fais un tour à la caisse question de me regarnir le porte-feuille et de voir l'historique de mes dépenses.

Après avoir hésiter sur le montant à retirer (20 ou 50EUR?), j'y vais pour 35$ (car ici, c'est presque pas si tu peux retirer 17EUR, ou 119EUR! Le minimum possible est de 5EUR!!!)

Je vais à la machine pour mettre à jour mon livret et découvre mon solde: -0,17¢
"Wow! J'suis arrivée pas mal juste!"

Et loin de m'inquiéter de mon solde catastrophique, je cours magasiner un imperméable au centre-ville et reviens finalement à la maison avec un chapeau et deux chandails...

Je suis intraitable... que voulez-vous... c'est sans doute dû l'amour que je porte à ma carte de crédit.

Hé!

samedi 6 septembre 2008

32. Zweiunddreißig

Quelques phrases sur l'Allemagne avant mon départ pour l'Italie, où les plages de la Sardaigne et de la Corse m'attendent avec une température moyenne de 25 degrés Celcius..!

- La mode, elle vient de Paris, de Londres, de Prague, de Milan, et se dispersent ensuite partout à travers le monde mais... pour une raison inexplicable, oublie l'Allemagne.

- Un Allemand sexy? Oui, partout. Une Allemande sexy? Come on...!

- J'ai mangé du poulet trois fois et du boeuf deux fois depuis mon arrivée en Allemagne. Les musulmans de l'Allemagne ne sont pas des vrais musulmans.

- Je me réveille avec l'automne, traverse une température printanière, passe ma journée sous un soleil d'été et finit la soirée avec une tuque sur la tête.

- La rage au volant en Allemagne? Non.. ici, on parle plutôt de rage au guidon..!

- Les Allemands appellent peut-être leurs frites "Pommes", il reste que c'est les meilleurs que j'ai jamais goûté.

- Je m'ennuie de Tim Hortons.

- Les Allemands ont inventé le vrai sens de l'expression: "Enterrement de vie de garçon".

- On peut boire de l'alcool dans la rue, à n'importe quel heure du jour, avec n'importe qui et pas mal n'importe où. C'est définitivement un fait qui rend l'Allemagne plus appréciable.

- Les serrures allemandes demandent un poignet d'enfer: ça prend quatre tours pour verrouiller correctement une porte.

- Les lignes d'attente? Connais pas.

- Un morceau de gâteau à 4-5 heures de l'après-midi? Réaction normale de la population allemande.

- Les allemands ont tous appris le français à l'école pendant au moins deux-trois ans, mais leur vocabulaire ne s'étend pas plus loin que: "Bonjour, comment ça va?", "Oui, non.", "Je ne sais pas." et le traditionnel "Voulez-vous coucher avec moi, ce soir." mais ils n'ont qu'une idée vague de la signification réelle de cette phrase...

- Les Allemands sont sexys. Je me répète, je sais. Mais c'est réellement un fait.

mercredi 3 septembre 2008

30. Dreizig

Dimanche, je suis allée à la plage et comme toute séance de bronzage qui se respecte, une crème glacée s'imposait! Je me suis donc achetée un pop sicle à saveur de mangue exotique -à défaut de pouvoir avoir une crème glacée triple chocolat...! Le gars du Kiosk (dépanneur allemand, si on veut) entend mon accent et lance à la blague:

- Exotic.. like you!
- Oh! Nein! Ich komme aus Kanada!
(Oh non! Je viens du Canada!)
- Ja! Genau! Kanada ist sehr exotic! (Oui! C'est ça! Le Canada c'est quand même assez exotique!)

Hmmm! On n'a pas la même définition du mot exotique!

Das Strandbad Maschsee, La plage du Maschsee

lundi 1 septembre 2008

29. Neunundzwanzig

Le principe des lignes d'attente en Allemagne.

Mordre.
Montrer les dents.
Dépasser.
Pousser.
Agresser.
Insulter.

Tout ce qu'il y a de plus courtois, quoi!

mardi 26 août 2008

28. Achtundzwanzig

En devenant fille Aupair (et peut-être mère), on perd certains talents et qualités qu'on avait jugé acquis...

La cuisine:
S'il y avait une échelle pour déterminer le talent culinaire qui ressemblerait à cela:
Niveau 1: Kraft diner et pizza pochet
Niveau 2: Spaghetti et risotto
Niveau 3: Canard confis et piato misto

Je crois que je me situerais une coche plus haute que le niveau 2. Mais en devenant fille Aupair, je me vois recalée presque au niveau 1. C'est que, même avec un spaghetti primavera de niveau 2 +1 coche, il est possible de tomber en bas complètement de l'échelle.

Voici la chose:
Les pâtes sont presque prêtes, les légumes aussi et l'enfant est en liberté. Pour une raison quelconque, l'envie me prend de commencer un lavage. De toute façon, il reste deux minutes avant que tout soit prêt et puis, le temps nécessaire pour mettre le linge dans la laveuse et la partir est estimé à 1:30 minute, gros max (j'ai eu un entretien avec la machine à laver..! Ça va plus vite!)

Mais voilà que soudain: "BOOM!" J'accoure, tente de rire, de convaincre que le "BOOM" -qui semble quand même en être un gros- ne fait pas mal. Rien à faire. Cherche le toutou qui console. Cherche la bouteille d'eau qui fait du bien. Trouve pas. Pendant ce temps, l'enfant, toujours en liberté parce que, quand même, après un "Boom", on revient sur terre, trouve le moyen d'aller dans la salle à lavage. Panique chez l'Aupair: déréglage de la laveuse, boutons, garde-manger, etc... J'accoure en sens inverse, ramène la petite dans le salon et tente de l'occuper avec un livre trouvé dans une craque du divan. Mais là... le lavage est toujours pas fini... mais les deux minutes par contre....!

Résultat de l'opération: Spaghetti qui colle au fond de la casserole et légumes brûlés! Bonne appétit!

Planifier les besoins d'une activité:
C'est une chose qu'on fait sans y penser. Vous allez au gym, vous vous habillez en conséquence, apportez une serviette, un cadenas et voilà, le tour est joué. Pas plus que n'importe qui, j'excellais dans la planification de mes besoins, oubliant parfois certains trucs, mais rien de très, très grave, en général.

Voilà qu'en devenant Aupair, cette qualité me fait défaut.

Planifier le bain. Me voilà avec la petite sur un bras et le coussin de la table à langer dans l'autre, avec un pyjama, une couche et la crème pour les fesses. Je monte l'escalier, fait couler le bain, prépare la petite, la mets dans l'eau.
Et zou, à peine les deux pieds ont touchés l'eau que je la ressors... Où est le savon? Cherche dans les armoires, fouille un peu puis trouve. Retour dans l'eau...
Zouuuu! Retour sur le plancher; j'ai oublié la débarbouillette.
Et zou, retour dans l'eau. Pour vrai, cette fois-ci.
"Splich-splach", on s'éclate, on joue avec les canards "Nard, Nard" puis zou, on sort de l'eau...

Mais merde... Où est la serviette? Où est la serviette?! La petite, la tête toute mouillée, me regarde presque frigorifiée.

- Oui, oui.. je sais.. j'en oublie des choses, hein?! Bon... allez viens! On va aller chercher la serviette ensemble... en bas... loin, loin, loin.

Et bien évidemment, alors que malgré tous les "splich-splach" fait dans l'eau, j'avais réussi à ne pas me mouiller, voilà que mes efforts sont récompensés par d'adorables câlins... tout mouillé.

Résultat: Petite sèche, linge mouillé et lac sur le plancher... de la salle de bain à l'étage du dessous....

mardi 19 août 2008

26. Sechsundzwanzig

La semaine passée, je suis allée ouvrir mon première compte de banque allemand. Une chose m'a frappé... Alors qu'aux États-Unis, on reçoit un fusil comme cadeau de bienvenue, ici, en Allemagne, c'est des billets de cinémas et un mini-sachet de pop-corn sucré dans un faux emballage de bobines de cinémas...

Différente cultures, différents moeurs...!

25. Fünfundzwanzig

Le vrai sens de: Priorité piéton

Au Québec, le code de la route est régi par le principe suivant: "Priorité piéton". Cependant, entre la théorie et la pratique, il y a une marge assez... importante. Devenu monstre derrière leur Hummer, les Québécois (de Montréal?!) montrent les dents, écument et menacent des yeux les piétons qui osent mettre le pied dans la rue avant qu'ils ne soient passé. Plus souvent qu'à son tour donc, le piéton se retrouve coincé sur le trottoir, à attendre la lumière du symbole piéton qui ne vient jamais.

C'est dans cette état d'esprit -les voitures sont des monstres impatients avec qui on risque la mort- que je suis venue en Allemagne. Mais le principe "Priorité piéton" est aussi en fonction ici. J'ai beau me dire que leur Smart ne ferait pas de mal à Bambi, qu'ils ne roulent qu'à 25Km/h et qu'ils ont quinze fois le temps d'arrêter d'ici la traverse piétonnière, je n'arrive toujours pas à y mettre le pied.

Et lorsque les voitures arrêtent pour me laisser passer, alors que j'ai visiblement arrêté ma marche pour leur céder le passage, c'est une course contre la montre: pas plus de trois secondes sinon, tant pis, de la bouillie de Marilyne sur le pavé de l'Allemagne. Mais finalement, rien, qu'un signe de la main de la part de l'automobiliste en signe de gratitude pour m'être dépêcher et un air d'incompréhension dans mon visage... même chose... à chaque fois.

Traumatisme montréalais, j'imagine...

vendredi 15 août 2008

23. Dreiundzwanzig

Vous savez, quand vous partez vivre à l'étranger, dans une langue inconnue, vous vous attendez à souffrir du manque de communication ou de la difficulté à parler et à obtenir ce que vous voulez vraiment.

Avant de partir, j'avais vraiment réfléchi à la question. Je peux toujours me débrouiller en anglais, que je m'étais dit, mais l'option de passer mon séjour en Allemagne à parler anglais avec des Allemands me semblait un peu... inadéquate et même irrespectueuse vis-à-vis mon contrat d'Aupair et de l'Allemagne.

Je m'étais résignée à "souffrir" de solitude pendant mes premiers mois en Allemagne pour cette raison. La difficulté étant même supérieure puisque je ne peux commencé mes cours d'allemand avant le début du mois d'octobre...

Cependant, la barrière de la langue ne m'a pas empêché de me faire un assez grand réseau d'amis en l'espace d'un mois et même, d'entrée en contact avec des Allemands. (Une p'tite tape dans le dos..! Chapeau Marilyne!)

Autre que la difficulté de me faire des amis, j'avais aussi prévu sur la liste des problèmes dû à la langue celui d'obtenir ce que je voulais, comme dans les restaurants ou les cafés, par exemple. Et malheur à moi, j'ai toujours tendance à demander quelque chose en plus ou en moins sur ma commande... Bref, j'allais souffrir terriblement de ce manque de crème fouettée et de chocolat dans mon moccachino! Mais bon, quand y faut, y faut!

Sinon, outre les amis et le resto, je m'étais prévu des maux de tête et une fatigue constante pour l'effort fourni pour comprendre ce qu'on essaie de me dire... les maux de tête se sont soldés par des sourires compréhensifs et des "hum-hum" attentifs à l'attention de mes interlocuteurs pour leur faire comprendre que je suis la conversation parfaitement... alors que c'est tout le contraire! Et la fatigue est plutôt due à mes heures de dodos limités par ma "double-vie"... soit celle de l'Aupair responsable et celle de la Montréalaise partie découvrir le nightlife en Allemagne avec ses nouveaux amis!

Je m'étais attendue aussi à me sentir frustrer de ne pas comprendre totalement la situation dans laquelle je me trouvais et à saisir les conversations autour de moi. J'avais vu juste mais la frustration est plus grande que ce que je ne l'aurais cru. Résolution du problème: prendre mon mal en patience et philosophie du judo; c'est-à-dire transfère d'énergie. Ma motivation d'apprendre l'allemand est franchement plus grande après avoir passer une dizaine de minutes à tenter de comprendre ce qui se dit autour de moi!

Cependant, malgré toutes les réflexions que j'ai pu avoir sur les difficultés que j'allais rencontré, je n'ai jamais pensé, un SEUL instant, pouvoir me casser la tête autant sur la laveuse et la sécheuse à linge! Je veux dire... Start...! That's it! Quoi d'autre?!

Ben non. Les sécheuses allemandes sont des bêtes à options.
Un jour, j'aurais un tête-à-tête avec elle et assise en face d'elle sur le carrelage, armée de mon dictionnaire, j'essayais de la comprendre...
Un jour...

samedi 9 août 2008

22. Zweiundzwanzig

Carte de crédit:
(24,90 EUR) 40,93 CAN
(19,90 EUR) 32,71 CAN

Ben crotte... une autre bulle de péter!

"POCK!"

mercredi 6 août 2008

20. Zwanzig

Mon entourage immédiat vous le diront tous: je suis une Nutelacolique.
Par chez moi, le Nutella s'avale tant le matin, sur un pain que sur des pommes, des raisons, des crêpes ou même, sur mon doigt sans rien.

Il y a deux ou trois jours, j'ai eu une rechute...
J'ai acheté un pot de Nutella.
Et deux jours plus tard, il n'y était plus. (Et je me suis contenue!)

Je pensais que personne ne me comprendrait jusqu'à ce que je vois ça.

Ça me réconforte!

Heureusement que le Nutella est international!

P.S.: Pour comprendre, il faut savoir que ses filles et sa femme sont parties en vacances... mais vous devriez le lire... J'aime vraiment!

mardi 5 août 2008

19. Neunzehn

Tout à l'heure, en mangeant, je me suis pris d'envie d'écouter L'Auberge espagnole (mon film par excellence!) et après quinze minutes d'écoute, un passage m'a marqué:

"Quand on arrive dans une ville, on voit des rues en perspective, des suites de bâtiments vides de sens, tout est inconnu, vierge.

Voilà plus tard, on aura habité cette ville, on aura marché dans ces rues, on aura été au bout des perspectives, on aura connu ces bâtiments, on aura vécu des histoires avec des gens. Quand on aura vécu dans cette ville, cette rue, on l’aura pris dix, vingt, mille fois… dix, vingt, mille fois…

Noms de métro…

Au bout d’un moment, tout ca vous appartient, parce qu’on y a vécu, c’est ce qui allait m’arriver. Et je ne le savais pas encore.

Nom de métro.

Ce truc qui sonnait vaguement sourd s’ajoutait à la longue suite de noms, autrefois bizarre, qu’on traine quelque part dans un coin du cerveau. X c’est doucement glissé à côté de Y et de Z, puis A, B, C….. C’est devenu normal et familier.

Après, bien après, quand on est revenu à Paris, toute galère est devenu aventure extraordinaire. Y’a toujours ce truc idiot ou les jours les pires d’un voyage, les expériences les plus ratées sont celles qu’on raconte le plus aux autres."

Ce passage, avant d'arriver en Allemagne, avait monté au maximum mon niveau d'excitation à l'idée de partir habiter ailleurs. Aujourd'hui, je le vis et bien que ce soit toujours très excitant de se retrouver dans un endroit à "apprivoiser", la joie est ailleurs.

On la retrouve principalement dans le sentiment de familiarité, qui arrive tranquillement, sans vraiment qu'on s'en rende compte. On suit d'abord scrupulement la carte, les indications de directions, on attaque presque les passants lorsqu'un nom de rue n'apparaît pas sur notre bout de papier, convaincu d'être rendu à 25 kilomètres de l'endroit désiré...

Puis tranquillement pas vite, on fait des folies; on ferme la carte et on se perd, une ou deux rues à l'Ouest -pour commencer!- et l'impression de marcher les yeux fermés dans notre propre maison, sans se cogner, nous vient à l'esprit; les yeux grands ouverts, on ne se perd pas et on admire, avec plus d'assurance qu'il y a quelques jours.

Et les noms de métros ou de rues, imprononçables se transforment de Qoque à Kopke à Kröpke... et deviennent ensuite des lieux de rencontre où on sait, avec assurance, encore une fois, qu'on passera du bon temps.

Puis quand on décide d'abandonner à la maison la carte et le dictionnaire (ça fait lourd dans la sacoche et touriste au max..!), alors, la ville n'apparaît plus comme un monstre près à nous gober dans une rue sombre et inappropriée et alors, le sentiment d'être ici, en ville, comme un nouveau chez soi, nous rempli...

18. Achtzehn

La fille aux billets de 50EUR

Depuis un moment, j'ai l'habitude d'aller me chercher un moccachino dans un petit café près de chez moi, les matins où je vais jouer au parc avec la petite. Ça n'a pas pris de temps pour qu'un serveur (Maman, il est gay...) me remarque.

C'est peut-être parce que je commande toujours la même chose, pour emporter (je crois que ce n'est pas commun d'avoir un café "to go" étant donné qu'ils n'ont pas de top... youppi les brûlures!), parce que je suis toujours en guerre avec la petite qui refuse de mettre son chapeau, ou tout simplement, parce que, plus souvent qu'autrement, je paie mon moccachino à 1,50EUR avec un billet de 50... avec une certaine gêne, je dois dire..!

À la poste, aussi, je me suis fait remarqué de cette façon. Pour l'achat de deux enveloppes, à 0,15cents chaque, j'ai dû sortir un billet de 100EUR... C'était ma première fois à la poste... Depuis, la madame et moi, on se connaît bien...!

16. Sechzehn

Depuis quelques temps, une tension alimentée par plusieurs sources grandissait en moi.

Je voyais apparaître à fréquence régulière dans mon porte-feuille des billets de 50EUR (chanceuse, hein?!) sans les voir disparaître... Ce n'est pas que le mot économie ne fasse pas parti de mon vocabulaire, mais c'est que j'ai une tendance à être effrayée de voir tant d'argent s'accumuler dans mon porte-feuille.... (Mettons..!)

Ensuite, bien que j'ai dû payé un gros 100$ de surplus de poids pour mes bagages (presque exclusivement remplies de linges et souliers....!), j'avais l'impression de "tourner en rond" dans mon garde-robe...

C'était donc une occasion rêvée de faire une pierre-deux coups: magasiner et dépenser! Vivement l'efficacité!

Mais l'Allemagne n'a pas un rayonnement mondial pour la mode... On ne mettra jamais à égalité Berlin avec Paris... Et encore moins Hanovre avec Londres... T'sé veux-dire..!

Ça m'a donc pris un peu plus longtemps que prévu pour trouver un magasin de linge dans mon style. J'ai rapidement fait le tour, agrippant au passage, robes et chandails, Jeans et T-Shirt et... miracle: je me suis rendue à la cabine d'essayage sans tendinite; avec seulement deux robes, deux chandails et une paire de Jeans.

Mais une fois rendue aux cabines, surprise! Pas de lockers. Je resors aussi rapidement que je suis entrée et me dirige vers d'autres cabines (c'est à ces moments-là que j'aimerais avoir le mot "touriste" écrit juste au-dessus de ma tête pour expliquer mon comportement... un peu étrange!)

Au deuxième cabines d'essayage, même chose... Aucune serrure! D'accord... Les Allemands sont une gang de tous nus qui aiment se montrer ou quoi?!

Riiiiiiiilaxe!

Ça fait trois semaines que je suis en Allemagne et j'ai encore jamais vu d'Allemand tout nu... ça devrait être un bon signe! Et pis... avec les soldes que j'ai sous le bras, ça vaut la peine d'aller essayer les trouvailles..!

C'est donc avec une certaine crainte que je me dirige vers les cabines du fond, celles où peu de personne passe -au cas où..! Après avoir pris des précautions (avoir fait dépasser volontairement mon pantalon en dehors de la cabine!), j'achète une robe (29EUR -ouch!) et un chandail long (19EUR -arrrgg!)

Je passe à la caisse et j'entends un "Neuneuneueun" (charabia auditif habituel encore indéchiffrable...!), je cherche l'écran et vois un magnifique 19EUR! Ma robe est en spécial par dessus quatre ou cinq autres spéciaux!

C'est d'accord, si les magasins économisent sur les lockers pour nous faire économiser, moi j'adopte le principe!

vendredi 1 août 2008

15. Fünfzehn

Apprendre l'allemand rapidement ou avoir l'air nouille

Qu'est-ce qu'on fait quand un gros camion est stationné en plein milieu de la piste cyclable, qu'il y a à peine un mètre entre les barrières piétonnes et le gros camion en question et que juste à côté, il y a un accès (le seul) pour continuer sur la route?

Si personne regarde, on continue sur la piste cyclable.
Si y'a un allemand dans le camion qui vous crie quelque chose, on continue sur la rue...

...pour finalement se rendre compte que le mec qui criait vous disait peut-être de continuer sur la piste cyclable...!

Ha! que j'ai eu l'air nouille..!

mercredi 30 juillet 2008

14. Vierzehn

Choc culturel: Les factures de cellulaire

Recevoir ma facture de cellulaire à Montréal était pour moi un moment d'extrême angoisse, jamais agréable. Bien sûr, recevoir des factures n'est pour personne une partie de plaisir, sauf que moi... j'étais avec Bell.

Je ne sais pas si c'est de la malchance, des mauvais tours du hasard ou de la persécution, mais je ne me rappelle jamais avoir reçu une facture de Bell sans m'être poser de questions, d'avoir eu envie de les appeler et/ou d'avoir bucher un gros 20 minutes à déchiffrer la dite facture.

C'est qu'avec Bell -vous le savez peut-être!-, vous avez vos frais de base, genre 25$, plus frais de 911, frais de 411, frais de réseau et service qui remontent à environ 10$. Ensuite, dans mon cas, j'avais un truc d'Amusement20 à 20$ pour ma boîte vocale, messages textes illimités et autres... mais j'avais également une autre ligne qui s'ajoutait et qui ressemblait à être des frais d'utilisation pour avoir dépasser le nombre de messages textes (supposément illimités...!) ou avoir utiliser Internet (alors que je sais même pas comment y accéder...!). Venait par la suite la ligne des interurbains et une autre encore pour les "doubles-interurbains"...

Ce qui fait qu'avec tout ce charabia, mon forfait de 25$ de base me coûtait entre... 75$ et 250$ par mois...



Pouvez-vous donc comprendre le choc que j'ai eu quand j'ai eu ma première facture de cellulaire à.... 4,04EUR? Et que la seule difficulté rencontrée lors de ma lecture était... la langue allemand?! J'en reviens pas encore..!

mardi 22 juillet 2008

11. Elf

D'une ville à l'autre, les moyens de transport diffèrent parfois de beaucoup. Ainsi, à Montréal, par exemple, la voiture, l'autobus et le métro sont les modes de transport les plus utilisés.

En Allemagne, c'est tout autre. La bicyclette est si utilisée qu'elle a priorité sur tout (sauf sur le virage à droite -que je saisis pas encore bien!) Les jeunes et les moins jeunes apprécient le vélo pour sa commodité pour les distances trop courtes pour être faites en autobus/métro/train/voitures mais trop "longues" pour être faites à pieds -ce qui représente un assez grand pourcentage des déplacements, je crois.

C'est ainsi que samedi soir, vêtue d'une robe, j'ai embarqué sur un vélo accompagnée d'une autre fille Aupair, elle... chaussée de talons hauts! Spécial? Non... on avait à rejoindre un autre groupe de filles en vélo.... elles aussi habillées en robes de soirée.

On aurait dû se ramasser une gang de petites filles habillées en robe sur des vélos (j'ai des souvenirs d'enfance de randonnées de quartiers en vélo avec des amies...!) mais le problème... c'est que je n'ai pas fait de vélo depuis au moins 10 ans!

Après avoir pris trois verres de vin au souper, pour célébrer les 15 ans de vie en Allemagne de ma mère d'accueil, ce n'était peut-être pas la meilleure des idées!

Le vélo, déjà un peu grand, représentait pour moi un défi de taille: Comment conjuguer élégance, vélo et robe? Impossible. Et puis, même si le vélo, ça ne s'oublie pas, il faut quand même se réhabituer! Rajoutez à ça le fait que j'étais déjà un peu pompette par l'alcool du souper... ça promettait d'être toute une aventure!

J'ai eu l'air stupide sur 25 mètres environ... juste le temps qu'on rie assez de moi et de se rendre compte (à mon grand soulagement!) que les roues étaient dégonflées! Non mais... vous m'auriez vu sur un vélo, en robe, à la fin d'une soirée?

Sortez les caméras!

dimanche 20 juillet 2008

9. Neun

Ce qui est fantastique de vivre dans un rayon de cinq kilomètres, c'est de pouvoir sortir le soir dans des clubs ou bars au centre-ville et de revenir à pied chez soi en 15 minutes.

L'Europe a bien pensé le Nightlife...!

(Hum....!)